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Le principe
La mouche est un leurre qui
ne pèse presque rien et que l'on va lancer à plusieurs mètres
grâce au poids de la soie qui va permettre à la canne de
travailler comme un ressort à la propulsion de ces quelques grammes
de plumes. Comme toute pêche, la pêche à la mouche
est un art, un art de duperie. Cependant, elle représente vis à
vis des pêches aux appâts naturels un stade supérieur
dans l'art, qui tient tout entier en son artificialisation. C'est avec
la nature que le pêcheur au toc trompe la nature. C'est avec l'artifice
que le pêcheur à la mouche exerce sa duperie. Alors que le
pêcheur au toc n'est pas sorti de l'état de nature, le pêcheur
à la mouche s'en est extirpé pour rentrer dans le règne
d'un faux-semblant qu'il maîtrise entièrement. Tout ici est
faux, artefact, imitation : l'aile n'est que plume, le ventre n'est que
poil, les anneaux ne sont que fil de soie. Le monde de la pêche
à la mouche n'est pas le monde réel, il est celui du vrai,
où la réalité vient elle-même se méprendre
lorque la truite montant sur l'imago se laisse prendre. Plus encore, esthétique
tant par le geste du lancer que par la variété des matériaux
entrant dans la confection des mouches, la pêche à la mouche
a tout d'un art, qui dépasse le simple savoir-faire, la simple
technique, pour accéder à une dimension supérieure,
celle de la beauté.
L'action de pêche
- Pêcher en aval > La
meilleure approche est généralement l'approche aval. On
pêche alors en remontant la rivière, ce qui permet de se
trouver dans le dos de la truite, et donc de mimimiser les risques d'être
vu, voire de prendre un poisson sans que ses congénères
ne s'en aperçoivent. Vous devez donc vous tenir en aval du poisson
que vous recherchez, et de côté. Votre lancer sera don
un lancer oblique, vers la berge opposée en amont, de sorte que
votre mouche dérive vers la truite sans que la soie ne rentre
dans son champ de vision. Assurez-vous toujours d'être en bonne
position pour lancer, et de n'être géné par aucun
obstacle situé derrière vous.
- Où lancer ?> Que
vous ayez vu une truite gober à un endroit ne signifie pas que
c'est précisément là qu'elle se trouve. Il y a
même fort à parier qu'elle s'est déplacée
vers l'arrière pour prendre l'insecte. Avant que de lancer, songez
au champ de vision de la truite. Il s'agit de poser votre mouche de
façon qu'elle rentre naturellement dans la fenêtre de visée
de la truite, en se laissant guider par le courant. Posez donc votre
mouche bien en amont de l'endroit où s'est formé le rond
du gobage.
- Attention au dragage >
Le dragage est le sillage que laisse votre
mouche lorsqu'elle est entraînée par le poids de la soie
sur laquelle le courant exerce une forte pression. Le dragage est en
principe l'ennemi du moucheur. Il convient donc de l'éviter autant
que possible, en prenant garde de bien gérer les courbes de la
ligne à la surface de l'eau.
- Ferrer > Ne
ferrez pas aussitôt que vous voyez la truite monter, sinon vous
ne feriez que lui retirer la mouche de la bouche. Attendez qu'elle se
retourne, et ferrez alors.
Le matériel
Pour débuter à
la mouche, un matériel simple peut suffire. Mais attention, le
simple n'est pas pour autant bon marché. En effet, si la plupart
des vendeurs d'articles de pêche proposent souvent des ensembles
cannes+moulinet+soie à des prix d'appel, ces ensembles ont souvent
l'inconvénient de proposer une canne assez raide et puissante (généralement
une 8'6 pour soie 6 ou 7), qui ne conviendra pas forcément au débutant.
Optez donc pour canne plus courte et plus souple, qui facilitera votre
apprentissage (compter environ 700 F).
- La canne > Les
Anglais ayant inventé la pêche à la mouche, ils
ont exprimé la longueur des cannes en pieds. La longueur que
l'on choisira dépend du poisson recherché ainsi que de
la largeur et de l'encombrement des cours d'eaux prospectés.
Il exite deux sortes de cannes, les cannes à une main, qui mesurent
entre 6 et 11 pieds, et les cannes à deux mains, de 12 à
18 pieds, réservées à la pêche du saumon.
La puissance de la canne est indiquée sur celle-ci et indique
qu'elle est prévue pour propulser des soies d'un certain poids.
- Les soies > Trois
paramètres entrent en ligne de compte dans le choix : le profil,
le poids, et la densité. Le profil est la forme de la soie et
détermine la longueur et la précision des lancers, ainsi
que la délicatesse des posers. Les profils les plus répandus
sont le double fuseau (codé DT, pour Double Taper) et le fuseau
décalé (WF pour Weight Forward). Les soies DT autorisent
des posés discrets, les WF des lancers contre un vent fort. Le
poids de la soie s'exprime par un numéro, d'autant plus elevé
que la soie est plus lourde. Quant à la densité, elle
permet de savoir si la soie est flottante (F), flottante à pointe
plongeante (F/S) ou plongeante (S). Si, chez un détaillant, vous
voulez acheter un soie, vous êtes maintenant en mesure de comprendre
le code qui figure sur la boîte : DT 5 F, signifie qu'il s'agit
d'une soie assez légère, double fuseau et flottante; WF
7 F/S, d'une soie plus lourd, en fuseau décalé flottante
et à pointe plongeante.
- Le moulinet > Le
moulinet sert principalement de réserve de ligne. Ils peuvent
être manuels (peu chers), automatiques, ou semi-automatiques.
Ils sont garnis d'une tresse appelée backing sur laquelle est
fixée la soie.
- Les bas de ligne > Raccordés
à la soie par un noeud ou un connecteur, ils sont l'élement
essentiel du matériel, celui qui permet de poser correctement
sa mouche. Leur section est dégressive depuis la soie jusqu'à
la mouche. on en trouve différents types : des bas de ligne en
un seul brin, dits queue-de-rat, ou des bas de lignes tissés
ou tressés. on peut aussi réaliser les siens, en nouant
des brins de nylon de diamètre décroissant. La pointe
du bas de ligne dépend du poisson recherché, de sa méfiance,
du niveau de l'eau et de la taille de la mouche employée.
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